Un client m’a posé cette question hier, et c’est révélateur d’une incompréhension généralisée : « J’ai reçu un e-mail d’Averance pour mes garanties professionnelles. C’est quoi exactement ? » Averance est une marque commerciale qui désigne une offre groupée d’assurances professionnelles, distribuée notamment via certains réseaux de courtiers et de banques partenaires. Mais ce n’est pas une compagnie d’assurance — c’est un assemblage de garanties sous-jacentes, portées par des assureurs distincts.
Comprendre ce qu’est Averance et ce qu’il couvre — ou ne couvre pas — c’est éviter une erreur que j’observe régulièrement chez les TPE et profession libérale : choisir une offre packagée sans vérifier que chaque brique correspond à leur activité réelle.
Qu’est-ce qu’Averance ?
Averance est une marque utilisée pour désigner des offres d’assurances professionnelles multirisques, souvent combinant :
- RC Professionnelle : responsabilité civile pour les dommages causés à des tiers dans le cadre de l’activité professionnelle.
- RC Exploitation : couvre les dommages survenus dans vos locaux ou liés à votre exploitation quotidienne.
- Protection juridique professionnelle : prise en charge des frais de défense en cas de litige commercial.
- Multirisque professionnelle (selon les versions) : incendie, dégâts des eaux, vol, bris de matériel professionnel.
La particularité d’une offre de type Averance, c’est qu’elle est packagée pour simplifier la souscription. Vous n’avez pas à assembler garantie par garantie. C’est pratique. Mais cette simplification peut cacher des lacunes importantes si votre activité a des spécificités que le package standard ne couvre pas.
Les questions à poser avant de souscrire une assurance pro packagée
J’ai vu des entrepreneurs souscrire des offres packagées d’assurance professionnelle sans réaliser qu’ils étaient mal couverts sur leurs risques principaux. Voici les questions que je leur enseigne à poser systématiquement :
- Qui porte réellement les garanties ? Derrière la marque commerciale, quels sont les assureurs sous-jacents ? En cas de sinistre important, leur solvabilité et leur réactivité comptent.
- Quelle est la limite d’indemnisation par sinistre et par année ? Un plafond de garantie de 500 000 € peut paraître élevé, mais pour un consultant dont un conseil erroné provoque la perte de plusieurs millions d’euros pour son client, c’est insuffisant.
- Y a-t-il des exclusions spécifiques à mon activité ? Les offres packagées contiennent souvent des exclusions sectorielles. Certaines activités artisanales, certaines professions de santé ou du conseil financier peuvent être partiellement ou totalement exclues.
- Le contrat couvre-t-il mes prestataires et sous-traitants ? Si vous travaillez avec des sous-traitants, vérifiez si leur travail est couvert par votre RC ou s’ils doivent avoir leur propre police.
- Quelle est la clause de « réclamation » versus « fait dommageable » ? Ces deux déclencheurs de garantie ont des implications très différentes, notamment pour les consultants et professions libérales.
Réclamation vs fait dommageable : la distinction qui compte le plus
C’est le détail technique le plus souvent mal expliqué aux entrepreneurs lors de la souscription d’une RC professionnelle :
Base « fait dommageable » : la garantie s’applique si le fait à l’origine du sinistre est survenu pendant la période de validité du contrat. Même si le client formule sa réclamation 2 ans après la fin du contrat, vous êtes couvert — à condition que le « fait » se soit produit pendant la couverture.
Base « réclamation » (claims made) : la garantie s’applique si la réclamation est formulée pendant la période de validité du contrat. Si votre contrat est résilié et que votre client se retourne contre vous 18 mois plus tard, vous n’êtes pas couvert — sauf si vous avez souscrit une « garantie subséquente » (survival clause) couvrant les réclamations tardives.
Les offres packagées de type Averance utilisent généralement la base « réclamation » avec une garantie subséquente de 2 à 5 ans. Vérifiez la durée de cette garantie subséquente — elle peut être insuffisante pour certaines activités à long délai de manifestation des dommages (construction, conseil stratégique).
Comparaison d’une assurance pro packagée avec une police sur-mesure
La grande question : vaut-il mieux souscrire une offre packagée comme Averance, ou construire une police sur-mesure avec un courtier spécialisé ?
Réponse honnête : ça dépend de votre profil de risque.
Pour un artisan, un commerçant, ou un prestataire de services aux entreprises avec des risques « standard », une offre packagée bien sélectionnée offre un bon rapport protection/simplicité. Les primes sont généralement compétitives parce que le risque est mutualisé sur un portefeuille large.
Pour un consultant financier, un médecin, un architecte, ou tout professionnel avec des risques spécifiques (conseil à fort enjeu financier, responsabilité décennale, etc.), une police sur-mesure avec des plafonds adaptés et des garanties spécifiques est généralement indispensable. La prime sera plus élevée — mais la couverture réelle aussi.
Ce que je vérifierais si j’analysais un contrat Averance
- Le tableau des garanties en annexe : plafonds, franchises, exclusions par garantie
- La définition contractuelle de l’activité couverte : si votre activité a évolué depuis la souscription, votre couverture peut être incomplète
- Le délai de prescription et la garantie subséquente
- Les conditions de résiliation : préavis, tacite reconduction, résiliation infra-annuelle (loi Hamon pour les professionnels)
C’est pourquoi je recommande toujours de faire relire votre contrat d’assurance professionnelle par un courtier indépendant, au moins lors de la première souscription. Un courtier qui travaille pour vous — et non pour une compagnie spécifique — peut identifier les lacunes que le package ne couvre pas et proposer des solutions complémentaires ciblées.
Vous voyez, le courtage c’est aussi ça : prévenir les catastrophes avant qu’elles n’arrivent. Une assurance qui semble complète et qui laisse votre principal risque découvert, c’est pire qu’aucune assurance — parce qu’elle vous donne une fausse impression de sécurité.
À lire aussi : BTP Prévoyance : guide pour artisans et PME
Sur le même sujet : Financement immobilier professionnel : les erreurs à éviter